Hyacinthe Ouattara, une poésie organique en suspens

Du 29 janvier au 9 février 2020 la D Galerie à Paris accueillait une œuvre inédite et immersive de l’artiste burkinabé Hyacinthe Ouattara. Organic Mood est avant tout l’histoire d’une rencontre entre un espace et une démarche artistique organique, invasive et sensuelle. C’est une immersion dans un univers intime, où le visiteur devient acteur en se confrontant à un espace modifié, transcendé par l’intervention de l’artiste. Univers enveloppant d’empreintes, de trace et de suspension, Organic Mood est une œuvre éphémère, témoin d’un moment, d’un dialogue qui se tisse.

Le textile dans l’œuvre de Hyacinthe Ouattara représente « l’obsession de la métamorphose organique »[1]. Cette vision prend son plein envol et se déploie complètement à travers l’œuvre Organic Mood. Œuvre et non exposition ! L’artiste, que nous avons rencontré fin janvier à la D Galerie au sein de l’installation, insiste sur le terme. Le lieu, l’œuvre et la rencontre des deux forment un tout qui crée l’expérience. Installation évolutive, Organic Mood développe tout une poésie du ventre, de l’intime et du corps en mouvement. Jouant sur différents rythmes, l’œuvre invite le visiteur à faire preuve de curiosité et à se confronter à ce nouvel espace, un espace langage qui interroge notre manière d’habiter le monde. C’est une invitation à vivre l’art au lieu de le regarder sur un mur, ne plus tourner autour, mais entrer dedans.


Organic Mood, Constellation organique, 2019, D Galerie

Entretien


Cindy Olohou : Quel est ton processus de création ? Pour la création de cette œuvre tu m’avais dit travailler dessus depuis plusieurs mois ? Comment as-tu procédé ?


Hyacinthe Ouattara : Je fais des expérimentations. J’expérimente des éléments comme dans un laboratoire. L’incertitude, la curiosité et le diagnostic commencent à s’installer. C’est comme un travail d’atelier, de réflexion, de recherche d’idée, mais je vais directement dans le geste, du faire et en faisant je découvre que le geste, petit à petit, peut m’emmener ailleurs. Alors je commence à détourner de manière accidentelle et à apposer des éléments à côté d’autres éléments pour trouver des choses inhabituelles. Ce qui m’intéresse c’est l’accident, un accident provoqué en quelque sorte. Ensuite, cet accident originel évolue et se précise, mais à l’origine c’est l’incertitude, la spontanéité, l’émotion de l’instant tout en déconstruisant à travers un goût pour les effets contraires.

Avant l’Inspiration, il y d’abord un acte manuel, des ratés, des échecs, une forme de transpiration qui est la réalité. C’est tout cela qui se passe avant de penser un résultat qui puisse se voir, être analysé, du point de vue artistique. Je remets en question mon univers, moi-même et mes certitudes. Le reste après ce sont des petits jeux, pas des jeux faciles, mais des jeux.


C. O. : Souvent le jeu est perçu comme une évidence, quelque chose de facile alors que le jeu est un processus d’apprentissage. C’est une autre manière d’apprendre, de s’enrichir, de se construire, mais aussi un moyen d’explorer. Est-ce ainsi que tu l’appréhendes ?


H.O. : Oui, c’est un état d’esprit, des voyages intérieurs – extérieur. Quand je regarde l’œuvre que j’ai essayé d’imaginer ici, j’ai voulu créer une œuvre qui s’intègre au mieux dans l’espace en essayant d’intégrer des éléments tels que du blanc sur du blanc, parce qu’on a tendance à dire que le blanc n’est pas une couleur. Le blanc est un vide, mais peut-être qu’il se passe quelque chose dans le vide ? Alors je vais m’intéresser à un mur blanc. Peut-être que le blanc n’est pas blanc ? Peut-être que le blanc sur du blanc devient autre chose, un élément introducteur ? J’ai utilisé le blanc pour dire finalement que j’avais envie d’inviter l’espace dans mon élément. Je ne suis pas ingrat, j’adore inviter les autres pour qu’on se rencontre et ne pas arriver dans un espace avec de la prétention justement … Je regarde d’abord les murs, les contraintes, tout ce qui peut faire qu’on rencontre un lieu.


C.O. : Cela signifie qu’il a beaucoup d’évolution entre ce à quoi tu as pu penser au début et l’installation finale de l’œuvre. Tu t’adaptes, tu modifies : d’où le mot accident, d’où l’incertitude et ce côté accidentel du processus ?


H.O. : Les pulsions sont là, elles viennent de l’intérieur. Il y a une poésie du ventre qui crée d’abord un élan. Quand je crée dans un espace comme celui-ci, j’essaye de me demander : comment je peux devenir l’espace et inversement. Avant de pouvoir poser quoi que ce soit, il y a une conversation avec le lieu pour que le lieu puisse m’accepter. Mon objectif est qu’il y ait une interaction. Chacun a un langage et chacun a la place de s’exprimer. Je cherche à créer une rencontre entre l’œuvre et l’espace. L’espace devient un langage. Ce sont des éléments importants dans mon processus de travail.


C.O. : Toute ta démarche vise à provoquer l’accident, à ce qu’il se passe quelque chose à un moment. Comment as-tu provoqué l’accident pour cette œuvre ? Comment as-tu fait pour ne pas te laisser enfermer par l’idée de départ ni par le lieu qui présente justement de nombreuses contraintes ?

H.O. : Toute l’œuvre Organic mood est partie de cette idée-là : plutôt que de construire un espace, partir d’un espace et le déconstruire afin de créer une sorte fuite vers un élément, vers le ventre de quelque chose, les palpitations, les contractions. Là on parle encore du ventre : il y a les contractions mais aussi des attractions. Les contractions sont pour moi des agitations avant d’être dans un moment de tranquillité. Ce sont des processus.

La dernière salle est une salle de recueillement. Je voulais une salle plus posée qui permette de prendre du recul. C’est une salle où on s’assoit. J’ai voulu créer une atmosphère de méditation avec ce lieu là, ce processus-là. À un moment donné on s’assoit et on regarde notre parcours...


Détail, Organic Mood, Constellation organique, 2019, D Galerie

C.O. : Dans la 1ère pièce avec l’installation suspendue [Ndlr : Constellation organique], on est enveloppé de tissus. On a l’impression d’être dans un cocon, dans un ventre, notamment avec la couleur rouge très présente. Plus on progresse dans la galerie, plus l’espace s’aère. Est-ce une invitation à grandir pour le visiteur, un peu comme le chemin de la vie : partir d’une salle enveloppante évoquant un ventre maternel jusqu’à une salle de recueillement où on regarde le chemin parcouru comme un regard rétrospectif ?


H.O. : C’est l’état d’esprit de cette installation. Il ne s’agit pas d’une exposition, mais d’une œuvre réalisable dans un espace inconnu. Comment faire pour créer et imaginer des éléments imprévus pouvant communiquer entre eux ou pas dans un espace ? Je vois que finalement je peux m'asseoir ici et méditer …

… Imaginer des éléments que je n’ai pas prévu qui peuvent communiquer ou pas. Dans la finalité, je vois que je suis assis là et je peux méditer sur mon corps : il y a le filet, quelque chose qu’on jette et qui a envie de tomber, la suspension, l’équilibre et le déséquilibre. Je suis Au plus près de la chose vitale le but n’est pas de chercher la certitude, c’est l’incertitude, l’in-évidence. Je vois tout de suite que les ombres qui se projettent c’est Comme si je dessinais avec la lumière, Je dessine sans crayon, comme en train de faire de la photographie sans avoir d’appareil photo. L’espace devient une sorte de complexité, C’est un espace complexe, un sujet qui peut traduire beaucoup de complexité du monde, de la vie.


C.O. : Est-ce aussi une manière d’évoquer la complexité des relations humaines, des liens avec les fils qui s’entremêlent ? L’œuvre occupant tout l’espace de la galerie et toutes les parties étant liées entre elles, les liens, les nœuds jouent un rôle important, notamment pour les éléments suspendus.


H.O. : Les liens qui parfois disparaissent, qui se rétrécissent à un moment donné, voire se coupent. C’est tout ça. Peut-on trouver un mot qui recoupe tout cela : C’est une installation, une photographie, une sculpture... ?


C.O. : Où trouves-tu tous les tissus que tu utilises ? Il en a fallu une quantité importante pour réaliser cette œuvre.


H.O. : J'aime bien travailler par petit bout, je prends une petite chose, je rassemble des petits éléments, je vois comment je peux m’amuser avec tout cela. Cela semble très banal. Ensuite je prends autre chose. Je récupère les tissus au fil des rencontres. J’aime bien faire les brocantes, les marchés qui sont pour moi comme des musées à ciel ouvert. Je récupère des tissus là-bas. Je vais donc les chercher dans mes musées, des musées non pas statiques mais qui se déplacent, comme vivants.


C.O. : Si on pousse cette idée plus loin, il s’agit d’une sorte de collecte d’objets archéologiques, de petits bouts d’histoire qu’ensuite tu exposes, non ?


H.O. : Toutes ces “vieilles” choses et ces “petites” choses entretiennent un rapport avec notre temps. Ils forment comme une grosse horloge qui va dessiner une certaine heure, un certain parcours mais au lieu de mettre des chiffres on va mettre des directions : tel élément quitte tel marché pour aller vers un autre endroit inconnu. C’est une manière de continuer l’histoire autrement. Ce sont des petits jeux, des petits rituels. Je vais voir un tissu que je vais récupérer pour sa charge émotionnelle sans forcément savoir ce que je vais en faire immédiatement. J’ai procédé de la même manière pour les bouts de bois, je les ai récupérés un matin en me promenant. J’aime pouvoir prendre du bois, le tourner avec du fil. Je trouve que la matérialité du bois est habitée. Parfois, je vais laisser le bois brut et parfois je vais le travailler pour voir si le bois et moi on peut se rencontrer.

Détail, Organic Mood, Empreintes, 2019, D Galerie

C.O. : Cette rencontre peut-elle aussi être une confrontation ?  Le bois est un matériau dur et aussi dans ta manière de tordre les tissus, de les contraindre à prendre une forme il a quelque chose de l’ordre de l’affrontement avec la matière.


H.O. : C’est pour cela que je dis qu’il y a le corporel avant tout dans le travail : enroulement, nœud, torsion. C’est à la fois une sorte de métamorphose corporelle et de métaphore corporel. Je vois l’œuvre comme un corps en mouvement. C’est d’abord le corps qui travaille, qui bouge, il va aller chercher dans son intérieur pour savoir jusqu’où sa curiosité peut aller.


C.O. : Quand tu parles de corps, il s’agit à la fois le corps de l’artiste qui crée, celui du visiteur qui se confronte à l’espace et celui de l’œuvre qui habite le lieu. Peux-tu développer cette idée ?


H.O. : Oui exactement, il y a un corps à corps. J’ai voulu être au plus près de l’humain, de la réalité humaine avec les tissus, les vêtements, les coussins. Tout ce qui est au plus proche du corps et accompagne les mouvements.

Même si le geste et mon corps sont à l’origine du processus créateur, l’œuvre me dépasse. Je ne suis pas intéressant. Organic Mood est né de ma rencontre avec ce lieu, mais ensuite l’échange se poursuit entre l’œuvre et l’espace, entre l’œuvre et le visiteur. J’aime le mouvement perpétuel, quand les lignes se déplacent, déplacer les choses et voir ce que cela donne. C’est un laboratoire infini de curiosité.


C.O. : C’est aussi une forêt où on peut se promener, se perdre avec des clairières, ... ?


H.O. : C'est cela, je n’ai finalement pas donné le titre « bienvenu dans la forêt » car je n’aime pas la narration, mais on retrouve les fagots de bois qui évoquent aussi mon enfance et notamment des promenades dans les forêts de brousse. Je vois des fagots posés avec des pierres : comme un élément de protection et en même temps le fagot vient de la destruction. On lie un fagot avec un caillou qui évoque la foudre pour effrayer quelqu’un qui voudrait prendre ce fagot. Il y a dans cette œuvre des souvenirs de ma culture mais aussi une rencontre avec la contemporanéité. Ainsi la Calebasse dans la première salle est un élément qui représente l’hospitalité, l’accueil. Dans le second espace, il y a le mortier et le pilon qui évoquent la cuisine. Il s’agit de rester dans le jeu. On est dans l’infini matérialité. On peut cuisiner dans l’œuvre, ce qui à la fois rappelle l’usage quotidien de ces deux éléments mais donne aussi une dimension supplémentaire à l’œuvre. Si on se mettait à cuisiner ici, cela deviendrait une performance.


C.O. : Pourquoi ne veux-tu pas de narration ?


H.O. : Je ne suis pas narratif, je ne voulais pas quelque chose de « pré-dit » ou de pré-écrit, d’où l’absence de cartel. Mon nom n’est écrit sur aucun mur. Je voulais casser tout cela, réduire au maximum la distance entre le visiteur et l’œuvre. Il entre et on le laisse. Il est tout de suite dans l’œuvre.


C.O. : Est-ce que les gens s’approprient facilement l’espace ?

H.O. : Je pense qu’ils sont rentrés dedans. Je pense que beaucoup de personnes ont senti quelque chose et sont repartis avec quelque chose. Je donne et je reçois aussi de ce que j’essaie de proposer.


Organic Mood, Empreintes, 2019, D Galerie

C.O. : Les boules blanches, qui sont posées en cercle sur le sol, m’évoquent l’écoulement du temps mais aussi le cycle lunaire. Que représentent-elles ?


H.O. : C’est une salle de méditation, de recueillement comme je le disais au début. Ma volonté était donc de jouer avec la spiritualité, les symboles, un peu de zodiaque. Je voulais jouer avec les éléments : les poser dans un coin qui n’a rien à voir mais aussi donner l’impression que l’élément que l’on voit est protégé. Je voulais jouer avec la dimension protection. C’est aussi la seule œuvre (avec celle dans le renfoncement du mur contenant le mortier et le pilon) qui n’est pas suspendue. Il s’agit de de la partie de l’œuvre la plus ancrée au sol. Je voulais que la salle soit ainsi. J’ai fait le choix d’avoir cette courbe qui se jette vers quelque chose, qui cherche à se rattacher à quelque chose, avec ce mouvement descendant pour s’ancrer de plus en plus au sol. Il y a toujours le besoin de se connecter à un élément. Pourquoi tous ces éléments cherchent à se connecter à cette masse ? Ici, c’est la salle des connexions. Elle est convoitée par tous les éléments agités qui veulent venir se connecter à cette masse. On peut observer le mouvement inverse aussi : cette masse alimente aussi tout le reste en énergie, en flux, comme un cœur ou un estomac. Elle éclaire, elle vibre.


C.O. : Est-ce qu’il y a une volonté de ta part de faire évoluer les types de liens au fil de l’installation ?

H.O. : J’ai joué avec mon côté provocateur, notamment ici je voulais déconstruire la peinture et en faire une sculpture. Au lieu de laisser la peinture sur une surface plane, j’ai décidé d’attacher la peinture.


Détail, peinture attachée, Organic Mood, Empreintes, 2019, D Galerie

C.O. : Si l’œuvre doit être présentée ailleurs : tous les éléments doivent-ils être présentés ensemble forcément, même en les adaptant à un autre espace ? Comment l’œuvre est-elle amenée à évoluer ?


H.O. : Pas forcément, ce sera une réadaptation. L’œuvre Organic Mood se compose de plusieurs temps, de plusieurs éléments :

- Constellation organique dans la première salle de la galerie

- Organique ou Processus organique dans le couloir et la pièce face au mortier

- Empreinte dans la salle de recueillement où nous sommes

Ces 3 éléments forment la matrice de l’œuvre. Cette œuvre est par définition évolutive. Elle dépend entièrement du dialogue qui s’instaure avec l’espace où elle est présentée : la forme du lieu, ses dimensions, ... Les empreintes peuvent se multiplier. Les éléments organiques peuvent se métamorphoser, comme dans la salle un peu secrète avec le mortier et le pilon, cela peut devenir une nouvelle pièce.

La constellation organique peut évoluer également. Ainsi si quelqu’un souhaite acheter l’œuvre, ce pourra être une partie de la constellation. On peut acheter un bout d’organe de l’œuvre. L’œuvre Organic Mood, en elle-même, va se renouveler et se réinventer à chaque fois en fonction de l’espace. C’est un projet qui va être amené à voyager, qui est modulable. L’œuvre est un « work in progress » perpétuel.


C.O. : Il y a un foisonnement de rouge et de blanc dans la salle principale. Pourquoi as-tu fait ce choix chromatique pour Constellation organique ?


H.O. : Je voulais qu’il y ait dans cet espace une vivacité et un silence. Je voulais rendre une atmosphère particulière entre quelque chose de vif et quelque chose qui paraît plus calme. Je voulais voir ce qui peut se passer quand les deux éléments se rencontrent. On est dans l’ambivalence, la complexité de l’humain que je suis et que nous sommes. Il y a quelque chose d’apaisé dans le blanc et une violence dans le rouge.


Détail, Organic Mood, Constellation organique, 2019, D Galerie

C.O. : Tu mélanges des tissus venant de plusieurs régions du monde, est-ce une manière d’aborder la différence, la mixité ?


H.O. : Non pas forcément, je souhaite plutôt être dans le croisement entre un tissu du Moyen-Orient et un tissu d’Asie. Je prends ces éléments pour les déconstruire et cela donne ce croisement et cette rencontre inattendue, une cohabitation. Les éléments cohabitent et illustrent plutôt l’unité, une dimension universelle.


C.O. : Cela fait un moment que tu travailles avec le textile : comment est-ce que tu perçois l’évolution de ta pratique entre l’installation ici & ailleurs au Kiosque à Villejuif en 2015 et Organic Mood aujourd’hui ?


H.O. : Au kiosque, je voulais jouer avec la sculpture. J’ai recréé des bonhommes qui portent des vêtements. J’ai construit un espace dans lequel on peut entrer et les gens marchent sur les vêtements. Le but était que les gens marchent dedans. …


Ici ou Ailleurs, Kiosque de Villejuif, 2015


C.O : C’est moins conceptuel, tu es encore dans la figuration. On retrouve des visages humains, des vêtements présentés comme portés par des personnages, alors qu’ici il n’y a plus du tout de corps humain si ce n’est dans l’interaction du visiteur avec l’espace créé et le vêtement disparaît complètement. La présence du corps dans Organic Mood vient de l’expérience de mouvement dans l’espace. Est-ce que pour toi, cette démarche s’est faite dans la continuité, partir du vêtement et petit à petit le déconstruire pour aller vers la fibre, le lien ?


H.O. : Tout cela part d’une installation réalisée en 2010 : France Au Revoir. L’idée de la cohabitation progresse. Petit à petit, les appellations vont disparaître. Mon objectif est que tous les éléments fusionnent pour ne faire qu’un ! Je veux aller de plus en plus loin dans la fusion. Il fallait partir de ce diptyque là pour déconstruire ensuite les chose. Pour moi c’est comme une peinture, c’est un tout, un tableau en relief.


France Au Revoir, 2010

C.O. : Comment est venu cette idée de tout déconstruire ?


H.O. : C’est parti aussi de l’espace parisien, de ce que je retenais des lieux publics, comment les gens étaient habillés pour se montrer ou pour se cacher. Je voulais aussi créer un lien entre tout ça et le foisonnement d’urbanité pour qu’il y ait un lien avec les personnes qui nous entourent et que je dépasse. C’est une manière de représenter tout ce qui se passe autour de moi, comme si je gardais une trace de ces personnes et de ce mouvement urbain.

C.O. : L’espace urbain n’est pas toujours accueillant et il y a aussi l’idée d’obstacle à éviter dans l’œuvre, en hauteur mais aussi au sol. La progression n’est pas toujours évidente. Est-ce que l’œuvre peut aussi être une jungle urbaine ?


H.O. : C’est quelque chose qui peut nous dire notre réalité humaine en tout cas.

Je me vois aussi dans un miroir. C’est une façon de s’auto-découvrir. C’est une quête de quelque chose. La quête n’est pas évidente : c’est de la patience, de l’attente, la mise à l’épreuve aussi, d’où les “obstacles”.


C.O. : Est-ce que tu connais le travail d'Ernesto Neto ? Il crée aussi des installations textiles qui mettent en jeu le corps du visiteur. Il a la particularité de jouer aussi avec les odeurs, ça ne t’a jamais intéressé toi de travailler avec les odeurs ?


H.O. : Je connais, il fait des choses plus ludiques. Pour moi, ce n’est pas la peine d’en rajouter. Les matières ont une odeur. Il ne s'agit pas d’une senteur que je mets exprès, mais les odeurs des matières se mélangent et donnent un parfum.




[1] Armelle Dakouo, Hier est la mémoire d’aujourd’hui, livret de l’exposition à l’Espace Comines du 30 octobre au 11 novembre 2019

94 vues

© 2018 par WASANII YA LEO. Créé avec Wix.com

logo wyl couleur.png
  • Noir Twitter Icon
  • Black Facebook Icon
  • Black Instagram Icon
  • Noir LinkedIn Icône

25 rue Émile Zola, 94800, Villejuif